14/10/2015 - 00:00

Présentation

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Paté Ouédraogo voit officiellement le jour en 1950 à Guibaré à 87 Km de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. En 1964, son père agriculteur, l’inscrit à l’école rurale du village où  il fait trois ans avant d’entrer au centre de perfectionnement agricole de Kongoussi.

Aspirant à un mieux-être, Paté part pour la Côte d’Ivoire en mai 1969. Faute de moyen conséquent pour arriver directement à Abidjan, il fait escale  à Ferkessédougou et entreprend des travaux champêtres. Après Bouaké à l’office de la main d’œuvre, Paté et son compagnon de fortune sont recrutés par un paysan de Sinfra pour travailler dans sa plantation pour 3600FCFA l’année dans des conditions difficiles. Ils abandonnent très vite le projet et partent à Bouafflé où ils travaillent pour une vieille dame qui prenait soin d’eux. Mais Paté part quand même pour Divo. C’est là  qu’une lueur d’espoir se fait sentir car le maire de Divo vint les chercher pour sa plantation. Mais vu leur jeune âge, M. Konian décida de les amener dans sa rizière où le travail est moins dur que dans une plantation normale de café ou de cacao avec une paie mensuelle de 4000FCFA. Bonne proposition que Paté et son « frère » acceptent.

Dans la rizière, Paté fait intervenir son expérience du centre de perfectionnement agricole de Kongoussi dans son pays natal. Son travail satisfait le patron. Mais dès qu’il perçoit son premier salaire, le jeune voyageur se résout à poursuivre son chemin : objectif Abidjan. Malgré les supplications de M. Konian, Paté Ouédraogo part pour la capitale.

« Je fais la mode par nécessité !», a l’habitude de dire Paté. Cela est d’autant plus vrai qu’il arrive à Abidjan sans grand moyen financier. Il loge chez un parent et suit un apprentissage en couture chez M. Gaoussou Bakayoko à Treichville. Au fil du temps, l’atelier lui sert de dortoir. « Je dormais dans l’atelier sur les machines à coudre. C’était un besoin pour moi », souligne-t-il. Il s’adonne donc corps et âme à la couture. De 1969 à 1973, il apprend la coupe homme chez M.Bakayoko. De 1974 à 1977, il s’initie à la couture dame chez Cheick N’Diaye à Treichville Avenue 7. Pour bien comprendre les détails techniques de la couture, Paté prend des cours par correspondance.

En 1977, il décide de voler de ses propres ailes. La vie professionnelle commence. On lui loue une machine à coudre à 1500FCFA par mois et il se prend avec un ami un atelier qu’ils paient le loyer mensuel à 3500FCFA à Treichville Avenue 6 Rue 17. C’est là qu’il est découvert par l’animatrice Odette Sauyet qui lui donne l’occasion de faire sa première télé en 1985. Ce passage à la télévision permet à beaucoup de gens de connaître le jeune couturier. Le déclic arrive le 14 mars 1987 lors de la première édition des Ciseaux d’Or organisée par UNIWAX, une firme de textile. Paté bosse sur le pagne « L’oiseau rare » et sort un modèle exceptionnel mais simple qu’il fait porter au mannequin Angèle Zaka. Au résultat final, il remporte le Ciseau D’Or. Il entrait par la même occasion dans l’univers des grands créateurs d’Abidjan. A la fin de l’année 1987, il s’installe à Treichville Avenue 19 Rue 22 Barrée. Ce coin est aujourd’hui l’atelier de production de la maison Pathé’O. C’est à partir de ce moment que naît la griffe Pathé’O en référence à Paté Ouédraogo. Une griffe qui naît, une nouvelle vie qui commence. Il s’organise et devient plus professionnel. La particularité chez lui, c’est qu’il travaille en grande partie sur les matières africaines notamment le pagne imprimé, les tissés (le Kita baoulé, le pagne korhogolais, le Faso Dan Fani….), le voile mauritanien, le bazin, l’indigo… Ses habits se remarquent par leurs finitions nettes et le réalisme dans la création. Avec l’aide de quelques dirigeants et personnalités du continent comme Mandela, Konaré et autres chefs d’Etats en activité, Cheick Modibo Kéita…et des stars de la chanson africaine, il a réussi à faire admettre les tenues faites par les créateurs du continent comme tenue de sortie.

Pour diffuser sa griffe, il ouvre des boutiques dans plusieurs grandes villes africaines : Yamoussoukro, Bamako, Ouagadougou, Libreville, Yaoundé, Douala, Brazzaville, Luanda. En Occident il en existe à Pointe-À-Pitre et au Québec. « On se bat pour aller vers la clientèle. Il n’est plus nécessaire de penser que Pathé’O, c’est pour la classe supérieure.» dit le couturier. Son atelier compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de machines à coudre et c’est de là que partent toutes les créations signées Pathé’O.

 

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